La capitale parisienne accueille de longue date deux manifestations photographiques majeures, qui se télescopent souvent, début novembre. L’une est Paris Photo, l’autre le Salon de la Photo. La première se revendique la plus célèbre foire internationale pour la photographie d’art, où, dans le cadre somptueux du Grand Palais, prestigieuses galeries et marchands de livres d’art exposent les trésors de leurs collections pour connaisseurs et passionnés.


Quant à la seconde, c’est à la Porte de Versailles qu’elle se tient. Ce salon pour les professionnels et amateurs, présente les toutes dernières nouveautés en matière d’appareils et d’équipement associé. A bien des égards, ces deux manifestations coexistent dans deux univers parallèles, fréquentés par des publics bien distinctes.
Dit sans détours, à Paris Photo, il s’agit pour une classe branchée et raffinée, biberonnée à la culture, de voir et d’être vue. Inversement, les allées du Salon de la photo sont plutôt foulées par les photographeux, attirés par l’augmentation du nombre de pixels et en quête de nouveau matériel à prix discount.

Sans doute que j’exagère légèrement sur cet apparent clivage mais j’en connais, pour sûr, plusieurs autour de moi qui fréquentent l’une ou l’autre des manifestations, non conscients du fait que les deux coïncident. Comment se fait-t-il que la photographie artistique et la photographie commerciale se trouvent si souvent diamétralement opposées ? Et où est-ce que je me situe entre ces deux antipodes ?
MES IMAGES EN PÉRIODE DE CONFINEMENT
Au printemps dernier, quand la brusque réalité du Covid et du confinement s’est imposée, avec mes commandes de prestations de facto annulées et par là même aussi privé de mes chères déambulations photo de rue, je me suis mis à photographier les objets épars de mon intérieur, porté par un besoin d’alimenter ma curiosité créative. J’ai relaté cette expérience dans un article précédent, intitulé : ‘’ faites le vide dans votre tête et laissez entrer la lumière ‘’


J’ai reçu de nombreux retours positifs, notamment de la part de proches qui décrivaient cette série d’images comme un nouveau commencement, l’éclosion d’une expression artistique jusque là non dévoilée. Pourtant, personnellement, je n’ai pas eu la sensation que cette dernière ‘’production’’ traduisait un changement radical dans mon approche habituelle du médium photographique . C’est juste que les circonstances particulières me procuraient une légitimité pour m’attarder sur mon sujet.
MON TRAVAIL COMMERCIAL
J’ai toujours été inspiré par ce pouvoir de métamorphose que possède la photographie, capable de transformer les éléments du réel en un moment d’abstraction et de poésie, par le simple biais d’une perspective insolite ou encore grâce à une lumière qui prend une direction inattendue. Lors de ma mission pour le géant de la sidérurgie, Arcelormittal, mon regard s’est porté sur l’esthétisme des formes ainsi que sur les contrastes dans la finition des produits métalliques et j’ai, par la suite, choisi d’intégrer ces images à la sélection pour mon client.

Alors, même si dans mon travail commercial, je tends invariablement vers une interprétation artistique, puis-je prétendre pour autant au statut d’artiste ? Est-ce que çà me plaît d’endosser cette étiquette ? N’est-ce tout même pas se la jouer un peu trop ?
La vérité est que je me sens petit à petit plus à l’aise de me voir artiste mais çà ne signifie pas que j’irai le crier sur tous les toits ou que j’envisage de faire imprimer une nouvelle carte avec cette mention. Ceci dit, je ne vois pas non plus pourquoi les images que je crée ‘’juste pour moi’’devraient jouer dans une cour différente de celle de mes travaux de commandes. D’ailleurs pour illustrer cet argument j’ai récemment décidé de proposer à la vente, via mon site, mes images en tirages d’art édition limitée.


INSPIRATIONS CRÉATIVES
J’ai, depuis toujours, une affinité particulière avec des photographes comme André Kertesz et Gueorgui Pinkhassov, dont l’œuvre, aussi bien noir et blanc que couleur, est empreinte de poésie, et difficile à cataloguer dans des registres soit documentaire, portrait ou photo de rue.


D’ailleurs, quand à mes débuts en photographie, je me suis mis à visualiser de devenir pro, il n’y a pas eu de registre particulier qui m’a sauté aux yeux. Ce qui m’a accroché, c’est d’explorer les possibilités infinies offertes par ce médium. En revêtant aujourd’hui un peu plus ouvertement l’habit d’artiste, je ne cherche pas me ’’spécialiser’’ dans la photo d’art. Je saisis juste l’occasion de faire tomber la barrière entre mon travail personnel et professionnel.
Merci Tim pour ce joli clin d’oeil , je retrouve la perfection dans les cadrages et les mises en lumières des sujets que nous avions abordés lors de notre journée de Nantes ! J’aime beaucoup « les 2 photos du confinement » ,porte manteau avec un cadrage apuré et une lumière géométrique super ! également les « personnages flous dans la baie vitrée !
Bravo Tim pour cette approche très artistique et professionnelle et merci de partager !
cordialement louis-marie gaboriau